Avec la disparition de Schnuckenack Reinhardt, ce n'est pas seulement un brillant violoniste que nous perdons, c'est aussi une légende du jazz tzigane. Il faisait partie des pionniers de ce style en Allemagne. Avant lui, pas beaucoup de jazz manouche outre-rhin. C'est par Schnuckenack que tout commencera !
Après avoir commencé son apprentissage du violon dans les années 20, Schnuckenack traverse la guerre et son cortège d'horreurs en fuyant. A la libération, ill apprendra les standards de jazz avec les soldats américains stationnés en Allemagne.
Une grande étape de sa carrière est marquée par sa rencontre avec le producteur Siegfried Maeker : c'est lui qui publiera les fameux albums Musik deutscher Zigeuner, fort heureusement réédités en CD aujourd'hui, et qui lanceront véritablement sa carrière en lui assurant la reconnaissance d'un large public.
Il enregistrera par la suite une bonne vingtaine de disques au cours des années 70 et 80.
En plus des disques, on lui doit la découverte de quelques fameux musiciens qui ont depuis fait carrière ; on pense à Häns'che Weiss, bien sûr, mais aussi à Holzmanno Winterstein, Daweli Reinhardt, Bobby Falta, Jani Lehmann, Schmeling Lehmann ou encore l'incontournable contrebassiste de tous les quintets des 70'ies Hojok Merstein...
Enfin, rappelons que son coup d'archet a fait école : de formation classique, il possède à la fois le style et le répertoire inspiré des primas hongrois (csardas, Europe de l'est et trémolos... !) autant que celui des violonistes de jazz issus de Grappelli. On ne compte plus les violonistes qui s'en sont inspirés : Titi Winterstein, Wedeli Köhler, Schmitto Kling, Martin Weiss...
Au revoir, Monsieur Schnuckenack... Ton enthousiasme et les délicieux grincements de ton violon nous manqueront...
Et respect !
