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Henri CrollaHenri Crolla

Guitariste (1920-1960)

"La guitare n’est pas un instrument de musique comme la harpe à queue, le piano domestique ou le lamentorium ou la fraise du dentiste. La guitare simplement appelle la musique quand la musique appelle la guitare. Crolla n’est pas un instrumentiste, il a besoin de la musique et l’appelle avec sa guitare, il l’appelle si ingénument, si simplement, si tendrement, qu’elle vient.
Et elle fait la belle, la tendre, l’insolite, la sauvage, la lointaine, la désarmante, la déchirante.
Crolla l’aide à faire ce qu’elle veut."

Jacques Prévert



Le petit soleil de la porte d'Italie :
1920 : naissance le 26 février à Naples. La famille de musiciens ambulants émigre en France et s'installe à Paris, dans la "zone" de la Porte d'Italie. Il y rencontre Django Reinhardt, son voisin, qu'il lui montre les rudiments de la guitare jazz.

L'école d'Octobre :
1932 : Henri Crolla joue de la mandoline à la terasse des cafés. Il est remarqué devant "La Rhumerie" par Marcel Duhamel et les frères Prévert. Il devient rapidement le fils adoptif de Paul Grimault et de Jacques Prévert, qui complètent son éducation intellectuelle et libertaire au sein du groupe Octobre. Il pourra y fréquenter Sylvia Bataille, Raymond Bussières, Maurice Baquet, Dina Vierny, Jean-Paul Le Channois, Yves Allégret, Roger Blin, Mouloudji... entre autres. Il abandonne la mandoline et le banjo alors que Paul Grimault lui offre sa première guitare. Un autre célèbre guitariste sera également conquis par la Selmer-Maccaferri.
On le retrouve, remplaçant Matelo Ferret à La Boite à Sardines ou au bal du Petit Jardin en compagnie de Gus Viseur.

Un gratouilleur à la guerre :
1938 : Crolla joue dans les clubs de jazz. Il côtoie Coleman Hawkins, Benny Carter, Django, Salvador au Jimmy's Bar de Montparnasse. Colette Crolla racontera : "Plus tard, quand Crolla jouait dans une boite et voyait apparaître les pieds de Django, il ne pouvait plus jouer, il était paralysé !"... ça rappellle le personnage d'un certain film, non ?
Pas encore naturalisé français, il est mobilisé en Italie. Parti avec sa Selmer n°453, il se contentera de donner des cours de guitare à son lieutenant pendant un an (!) avantde se cacher à Naples, puis de regagner Paris. Pendant l'occupation, ses activités iront de charbonnier à maçon en passant par ouvrier d'usine...

Avoiiiiir... un bon copain ! :
1946 : il joue avec André Ekyan, Léo Chauliac, Emmanuel Soudieux, Pierre Fouad, Bernard Pfeiffer au Schubert et au Ménestrel. Il accompagne un Yves Robert chantant à La Rose Rouge.
1949 : il épouse Colette le 4 août et s'installe rue d'Alembert où les diners sont restés légendaires.
Prévert, qui le surnomme "Mille-pattes" (car le bougre est rapide...) lui propose alors de mettre en musique son poême : Les Cireurs de Souliers de Broadway que doit chanter Yves Montand ; "Les points de suspension de Jacques, il faut se les envoyer !" soupirait le guitariste ! Enthousiasmé, le chanteur l'engage comme accompagnateur... et ami. C'est le début d'une longue collaboration et d'une fidèle amitié : Montand aime son humour, légendaire, sa fantaisie, et aussi ses mélodies. Crolla composera 17 musiques pour le chanteur... et lui présentera sa femme : Simone Signoret ! En 1953, ils "tiendront" ensemble 8 mois d'affilée le Théâtre de l'Etoile, la salle fétiche de Montand !

Le jazz, le jazz...
Mais Crolla n'oublie pas qu'il est aussi un musicien de jazz.
1954 : à la mort de Django, il invite Grappelli au Club St Germain avec Emmanuel Soudieux et Roger Paraboschi. Le violoniste dira : "Le Club ? Un feu d'artifice tous les soirs... Je m'étais joint à l'ensemble d'Henri Crolla comme pianiste et violoniste. L'atmosphère et l'ambiance étaient telles que j'avais l'impression de m'y rendre pour m'amuser et non pour travailler... Autour de Crolla, c'était comme une petite famille heureuse."
C'est à ce moment, entre les années 54 et 56 (soit entre deux tournées avec Montand) que Crolla va graver plusieurs disques aux pochettes très colorées pour la firme Véga. Des disques de jazz, magnifiques, où l'on pourra entendre Maurice Meunier, Géo Daly, Emmanuel Soudieux, Martial Solal, René Urtreger, Maurice Vander...

Bandes originales...
Henri Crolla a également beaucoup composé pour le cinéma, notamment en compagnie d'André Hodeir. Il apparait également parfois en tant que figurant ou acteur (Paris chante toujours, 1950).
1955 : il signe sa première musique pour un long métrage, Gas-Oil de Gilles Grangier avec Gabin ("Tu devrais écouter ce môme pour la musique..." aurait-il glissé à Grangier !). Il signera beaucoup d'autres (La Parisienne, Cette sacrée gamine, Orfeu Negro...)

La mère-coupe-toujours...
1957 : il reçoit le Grand Prix de l'Académie Charles Cros pour l'album Le long des rues..., petite douceur belle... comme un plan de métro.
1958 : Notre ami Django, bel hommage au guitariste en compagnie de Grappelli.
1960 : alors qu'il tourne en compagnie de Jacques Higelin le film Le bonheur est pour demain, il doit se faire opérer. Il ne se réveillera pas. Naguine Reinhardt dira lors de sa disparition "Après lui, il n'y a plus de guitaristes..."

Epitaphe pour un petit soleil...
"Henri signait toujours ses lettres avec un petit soleil. Le soleil c'était sa musique.
Tout petit, Henri était déjà au courant de la vie et quand elle se montrait menaçante et cruelle pour lui, il avait tant d'amour et d'indulgence souriante pour elle, qu'elle le traitait en ami.
Alors, la Mère-coupe-toujours -c'était, à la Porte d'Italie, le surnom de la mort- avait beau, comme après tant d'autres enfants de la misère, courir après lui, il lui riait au nez, et même, de temps en temps, avec sa guitare, la faisait danser.
Mais un "beau jour", un des plus tristes dans la vie des amis, elle l'a tout de même eu au tournant.
La misère d'autrefois avait guidé ses pas.
Sur la cire neuve ou usée, tout aussi bien que dans le coeur de l'amitié, brûle toujours le soleil d'Henri, le feu de joie de musique, de la vie.
"
Paris, printemps 1962
Jacques Prévert

Sources :
French Guitare n°12, 13, dossier Henri Crolla (notamment les articles de Sophie-Louve Tournel et Norbert Gabriel dont on attend toujours le livre !)
Claude Oberg, in Dictionnaire du Jazz, Robert Laffont
Alain Antonietto, François Billard, Django Reinhardt, Rythmes Futurs, Fayard
Alain Tercinet, liner notes Jazz in Paris/Begin the beguine, Universal
A lire également la bio de Crolla par Sixneuf sur about-django.com





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