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Francis Couvreux
In Mémoriam Frédéric Schlick

publié le 21 décembre 2006
par cristof

Francis Couvreux nous propose ce texte en hommage à l’accordéoniste Frédéric Schlick décédé récemment.

« L'accordéoniste alsacien Frédéric Schlick vient de nous quitter à l'âge de 71 ans, des suites d'une longue maladie, comme on dit. Il luttait courageusement depuis quelques années déjà contre le mal, sans en parler ni se plaindre, conservant son enthousiasme intact pour la musique et ayant toujours des projets.

Après une vie professionnelle bien remplie (forain) il reprit l'accordéon il y a une dizaine d'années et commença à enregistrer des disques auto produits, un jazz de facture classique dans la lignée de son maître, l'accordéoniste américain Art Van Damme, qu'il rencontra à plusieurs reprise, notamment en 1997 à Castelfidardo en Italie, et qui l'encouragea chaleureusement, cosignant même quelques titres avec lui. C'est Patrick Blanc, à l'époque rédacteur en chef d'Accordéon magazine, qui m'envoya le 1er CD de l'alsacien pour que je le chronique ; je sentis tout de suite que j'avais à faire à un vrai musicien et à un vrai jazzman, un instrumentiste sensible à la belle mélodie et aux belles harmonies, aussi à l'aise sur les ballades que sur tempo vif . Je n'ai cessé depuis de le défendre en chroniquant tous ses disques et en le faisant récemment figurer sur le CD jazz manouche vol 2 chez Wagram avec un titre extrait de son Cd en hommage à Django et Babik. Excepté Accordéon Magazine (il fit la couverture d'un numéro) les gazettes ne se sont pas bousculées au portillon pour parler de lui. Sa musique lisible et agréable, sans esbroufe ni démonstration, n'était sans doute pas assez dans l'air du temps plus sensible aux musiques dites actuelles !

Frédéric Schlick sut toujours s'entourer d'excellents musiciens : Franck Wolf, sax, Didier Hoffmann, batterie, Pilou Würtz ou David Petrocca, basse, Jean-Philippe Rominger ou Jim Grandcamp, guitares. Il enregistra même un CD avec, excusez du peu, Bireli Lagrène et André Ceccarelli, qu'il paya avec ses propres deniers. Ces pointures ne seraient pas venues cachetonner s'ils n'avaient pas reconnu le talent de Frédéric ! On peut simplement regretter qu'ils ne l'aient pas un peu plus soutenu, en l'invitant à jouer en club à Paris par exemple. Il fut davantage reconnu en Allemagne où il se produisit notamment aux côtés de Joe Bawelino ou de Wedeli Köhler (festival Django Mémorial d'Augsburg).

Frédéric Schlick avait de réels talents de compositeur ; ce sentimental avait une prédilection pour les ballades, les mélodies évidentes comme la pluie, qui sonnaient comme de vrais standards et qu'on avait l'impression de connaître dès la 1ère écoute. Infatigable, il baignait dans la musique jour et nuit, ayant toujours plusieurs projets sur le feu. En 10 ans il avait acquis une solide expérience et un métier digne des vieux briscards. Sachant sans doute son temps compté, il enchaînait disque sur disque (une bonne dizaine au total ainsi que deux videos dont une live avec Bireli), espérant à chaque fois qu'il serait remarqué. Il venait de sortir un disque ambitieux avec l'accordéoniste italien Renzo Ruggiéri et un orchestre à cordes. Il travaillait déjà sur le suivant « Schlickstone » qu'il n'aura malheureusement pas eu le temps de terminer. Frédéric Schlick n'a pas eu la reconnaissance qu'il méritait.
Cela viendra peut-être un jour ! ? Maintenant il n'est plus pressé ; au paradis des musiciens il a l'éternité pour voir venir !

Salut l'artiste et merci ! »

Francis Couvreux


Réagissez à cet article !

Avec reconnaissance... , le 31 12 2006

A l’ami, au musicien Frédéric SCHLICK, nous pleurons et garderons l’exemple d’une vie bien remplie et pleine de passion. Ta vie de forrain tu l’aimais, ta vie en tant que musicien tu l’as bel et bien accomplie. Nous n’oublions pas tes années en tant que pianiste (70-80)puis ta grande contribution à faire connaître le jazz à l’accordéon.
Ton oeuvre ne fait que commencer !!!!!
Avec reconnaissance...

Michel et Gabriel VEIT (professeurs de musique)



In Mémoriam Frédéric Schlick , le 23 12 2006

Je voudrais simplement dire un grand MERCI à ce Monsieur trop méconnu dans le monde de l’accordéon, il ne vivait plus que pour la musique, sa musique et il voulait encore montrer de quoi il était capable, il a joué avec et cotoyé les plus grands, il avait sa bonne humeur et cette simplicité, généreux et avide de projets il était, il est à présent dans les nuages au manège de ses rêves. Pour moi c’est un père qui s’en est allé...
Au revoir Frédéric et à un de ces jours.

Fabien CHRISTOPHEL



Avec reconnaissance... (31 12)

A l’ami, au musicien Frédéric SCHLICK, nous pleurons et garderons l’exemple d’une vie bien remplie et pleine de passion. Ta vie de forrain tu l’aimais, ta vie en tant que musicien tu l’as bel et bien accomplie. Nous n’oublions pas tes années en tant que pianiste (70-80)puis ta grande contribution à faire connaître le jazz à l’accordéon.
Ton oeuvre ne fait que commencer !!!!!
Avec reconnaissance...

Michel et Gabriel VEIT (professeurs de musique)



Un jazzman est mort , par Steven, le 22 12 2006

Bonjour,

Oui, c’est bien d’un accordéoniste de jazz dont il s’agit. Frédéric Schlick ce n’était pas du tout du Richard Galliano ou du Marcel Loeffler, c’était du jazz, et avec des projets ambitieux, du jazz vivant quoi !

C’est triste que Frédéric Schlick soit parti ainsi, dans l’anonymat ! Merci à toi Francis d’avoir parlé de ses disques, de ce bonhomme - qui comme tu le dis payait ses musiciens (les mâanouches se foutaient de sa gueule pour ça, mais lui ne jouait pas qu’avec ses cousins !) - qui se ruinait dans ses disques et espérait que la reconnaissance viendrait un jour.

Son souhait : jouer un soir en club à Paris ; il n’a jamais pu le réaliser, c’est une honte !

Je vais de suite me réécouter un de ses disques...

Nous verrons bien si l’hommage posthume viendra un jour, mais y’en a marre des hommages posthumes !

Tristement,

Steven



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